La désormais célèbre saga « Nespresso. What else » revient pour une troisième campagne. Le beau gosse est encore là, mais pour ce troisième opus, il est accompagné du non moins
talentueux John Malkovitch (s’il-vous-plaît).
En collaboration avec Mc Cann, Clonney s’envoie en l’air pour un nouveau spot (encore) réussi mais cette fois avec une petite évolution puisque ce sont les internautes et les membres du club VIP
qui ont proposé les différentes fins possibles de ce 30 secondes.
A voir si le spot dépassera le guiness record tout nouvellement accordé à EURO RSCG pour les Evian Rollers Baby !!!
Ah, la Guiness ! Une bière virile, brassée pour les forgerons du grand nord, pour les hommes, les vrais ! Et ce sont ces grands hommes que l’on retrouve dans leur dernier spot,
« World », actuellement diffusé sur les chaines brittaniques !
Signé par AMV BBDO et dirigé par Paul Brazier, le spot fait tout simplement rêver. Un tournage sur les grands plateaux de Nouvelle Zélande, du Canada, des îles Fidji et bien sûr de
Grande-Bretagne pour 1 minute 30 de pur bonheur, et ceci même si l’on ne comprend pas vraiment le rapport avec la bière, mis à part que le spot donne soif…
A voir pour le montage, l’idée et la réalisation !
L’évolution de notre état d’humanité et la place grandissante de la psychologie dans nos sociétés en perpétuelle quête de réponses ont facilité la vulgarisation des sciences humaines, ainsi que
les dérives de son utilisation. S’il est une composante indéniable qu’il est important de prendre en compte dans l’exercice de ses pratiques, c’est bien la pensée. La pensée (au sens de pensée
introspective) est une force, propre à l’être humain, selon laquelle nous sommes capables d’établir un raisonnement, à partir d’éléments factuels, pour aboutir à une
conclusion. Depuis le 17è siècle, et notamment le Discours de la méthode de Descartes, la pensée est souvent associée à l’être. Cette relation s’est concrétisée à travers le cogito, désormais
accepté par les sociétés dites « civilisées » comme étant une vérité absolue : « Je pense donc je suis ».
Pourtant, la vraie question est ailleurs. Si je pense trop, ne suis-je pas assez ? C’est en tout cas le précepte défendu par les origines de la psychanalyse freudienne. En effet, lorsque
Freud a dessiné le concept même de la psychanalyse, il s’agissait avant tout d’un travail thérapeutique se substituant à l’hypnose, dont les effets se révélaient temporaires. Le mouvement
freudien était alors composé de deux techniques : la méthode cathartique (alors utilisée par Breuer) qui consistait à mettre le patient sous hypnose pour réveiller en lui ses évènements
traumatiques et l’association libre qui favorisait la remémoration en invitant le patient à dire librement ce qu’il pense, et à partir de ce matériau, travailler sur les chaines associatives qui
se mettent alors inconsciemment en place. C’est finalement l’absence de pensée, de raisonnement qui permet alors de se rapprocher de la quintessence de l’être et nous rapproche de l’inconscient,
de notre côté obscur que nous cherchons à connaître et a fortiori à maîtriser. Mais comme Freud l’avait déjà souligné lorsqu’il soulignait les trois blessures narcissiques de l’Homme (que sont la
révolution astronomique, selon laquelle notre planète n’est pas le centre du monde, la révolution darwinienne qui ruine l’origine divine de l’Homme et bien sûr la psychanalyse) « l’Homme
n’est plus maître en sa propre maison » autrement dit, le moi est largement dominé par l’inconscient.
La pensée unique est donc fortuite, inutile. L’Homme, de par son évolution, s’est construit un système psychique très particulier où sa volonté consciente est de maîtriser ce qu’il ne peut pas
dominer. C’est ainsi que surgit l’importance de l’Autre (au sens lacanien du terme) dans la construction psychique du sujet et l’accession à la réalité, dans sa prime enfance, et dans le
développement de sa personnalité tout au long de sa vie. L’homme, en état de solitude, devient « aliéné ». Etymologiquement, cela signifie qu’il devient étranger à lui-même. Le sujet ne
peut accéder seul aux méandres de son inconscient, d’où la nécessité de création d’un Autre, imaginaire, nécessaire pour la compréhension de lui-même. Plus pratiquement cela se traduit par la
nécessité d’un regard objectif (mais néanmoins aiguisé) nécessaire aux thérapies psychanalytiques.
Ce raisonnement nous démontre les limites du cogito de Descartes, qui oblitère totalement la notion de l’Autre. Si cette réflexion était vraie au 17è siècle, dans les sociétés fortement
influencées par les religions monothéistes, qui cultivaient le culte de l’être en tant qu’individu unique, elle ne peut avoir le même impact aujourd’hui. L’évolution de l’Homme, en termes de
connaissances est telle que l’on ne peut plus le considérer comme une entité unique indépendante de l’Autre. Par ailleurs, la pensée reste une condition humaine, et nous permet, en tant
qu’individu, de vivre au milieu des autres, d’avoir une place dans la société et des idées à partager, ce qui revient à penser que le cogito du 21è siècle se résumerait ainsi : « Je
pense donc j’existe ».
S’il y a un événement qui a fait grimper les taux de testorstérone des geeks de France ces derniers temps, c’est bien la naissance du dernier Windows. Après lecture de nombreux articles sur le
sujet, deux faits importants sociologiquement et publicitairement intéressants en ressortent : d’une l’éclatement de la guéguerre Microsoft vs Apple et deux (et j’en parlais il y a peu dans
un article précédent) la personnification de la campagne Windows 7.
Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. A l’approche de date anniversaire de la Première Guerre Mondiale, on se rend compte que l’humanité toute entière est en quête perpétuelle de
conflits. Oh, j’entends déjà nombre de spécialistes informatiques scander mon nom en réclamant ma tête mais il faut le dire : la confrontation Microsoft-Apple relève de la débilité. D’une
part, parce qu’il ne s’agit que d’outils de travail (à la base), qui, image de marque exclue, se ressemblent énormément. Avant, tout était plus simple. Quand on voulait un ordinateur, on acheté
un PC. Aujourd’hui, l’ordinateur est une question de style. David contre Goliath était une légende, Apple contre Microsoft la réalité du 21è siècle. Sauf que le combat est tronqué, truqué. Alors
que Bill Gates et Steve Jacobs se prélassent dans leurs lit de dollars, ce sont les consommateurs qui se mesurent le sexe pour savoir qui aura le meilleur processeur ou disposera des derniers
logiciels de réalité augmentée pour toucher les seins de l’actrice porno qui les fait rêver…Les arguments ne manquent pas, de part et d’autres, pour valoriser le produit. L’ordinateur est devenu
tellement personnel que l’utilisateur s’y attache émotionnellement et le défend contre l’agresseur. Soit. En ce jour de commémoration nationale, n’oublions pas que nos aïeuls se sont battus pour
la liberté, mais ceci est une autre histoire…
Le deuxième point est finalement le plus important. Je vous parlais, il y a peu, de l’assomption de la personnalité par la publicité. C’est dans cette idée que s’inscrit la campagne de
communication pour Windows 7. J’ai demandé que mon PC ne merde plus, Windows l’a fait. Windows a surtout appris de l’échec de Vista et a rajouté quelques améliorations pour rendre le système
d’exploitation plus pratique pour ses clients. Innovation, quand tu nous tiens…Ce qui m’étonne, c’est le manque d’originalité de la campagne. Quand une marque, telle que Microsoft, lance un
produit presque révolutionnaire, on s’attend au minimum à une part d’audace. Et là ? Que nenni. Des arguments produits, soutenus par quelques quidams, tous styles et CSP confonfus et un
grand sourire pour montrer qu’on est contents…Un plan média impressionnant, qui va jusqu’à l’ouverture d’un Windows café et de centaines de faces dans la métropole, sans oublier les spots télé en
prime-time sur TF1. Pour être honnête, moi je suis pas PC…et vous ?